La gestion de la condensation en toiture terrasse bois est essentielle pour éviter les désordres d’humidité.
La structure bois est une bonne solution pour les toitures terrasses à plusieurs point de vue :
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Légèreté
Structure plus légère qu’une dalle béton, simplifiant la descente de charge. C’est ainsi l’option privilégiée pour les maisons à ossature bois mais pas seulement. Une intégration sur une maison maçonnée est tout également possible.
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Impact environnemental
Impact environnemental nettement meilleur. Dans notre guide ACV basé sur les FDES on peut voir qu’une dalle de toit terrasse béton de 100m² représente un impact de 77 à 102 kgeqCO2/m² contre -17 pour un plancher bois. Dans l’optique du volet environnement de la RE2020, c’est un avantage énorme.
Néanmoins, une certaine vigilance sera nécessaire sur les points suivants :
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L'acoustique
vous pouvez retrouver sur le site du FCBA un catalogue bois et notamment la toiture terrasse et ses performances acoustiques
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La condensation
Le risque existe évidement pour les autres typologies de toiture plate (béton ou métal), mais en structure bois, la volonté de gagner en épaisseur mène parfois à concevoir une parois « à risque ».
Nous allons aborder les différentes toitures terrasses bois et leur conception pour limiter ces risques de condensation.
1 La solution classique : simple et sans risque

Toute l’isolation de la parois est placée au-dessus de l’élément porteur. Il s’agit donc d’une toiture chaude.
Le risque de condensation est minime du fait du placement de la couche pare-vapeur sur le support bois. Ainsi il est parfaitement posé, sans risque de percement.
Règle : Tout l’isolant est situé au-dessus de l’élément porteur. Les pare-vapeur et l’étanchéité sont compatibles avec le support et l’isolant. Vérifier le domaine d’application de ces membranes et respecter les prescriptions des fabricants.
Ressources : DTU 43.4
2 La solution classique optimisée : petit gain d’épaisseur

Un complément d’isolation entre les solives est admis si celui-ci ne dépasse pas le tiers de la résistance thermique totale de la parois. Il s’agit donc toujours d’une toiture chaude.
Le risque de condensation est minime du fait du placement de la couche pare-vapeur sur le support bois. Ainsi il est parfaitement posé, sans risque de percement. C’est la limitation de l’isolant complémentaire qui permet de garder le pare-vapeur à son emplacement supérieur au support.
Règle : L’isolant complémentaire est inférieur ou égal à 1/3 de la résistance totale de la parois.
Ressources : RAGE
3 La solution fine : le gout du risque

Toute l’isolation est placée entre les solives, donc sous le support bois. C’est ce qu’on appelle une toiture froide.
Le pare-vapeur est situé sous les solives. C’est donc un pare vapeur tissé. Son emplacement dans le plafond l’expose à des risques de déchirement plus important.
Règle : Sd pare vapeur > 6 Sd étanchéité. Seules les membranes d’étanchéité PVC sont compatibles. Par exemple pour une membrane PVC de valeur Sd = 35m, le pare vapeur devra avoir une valeur sd > 210m
Ressources : CNDB (Comité national pour le développement du bois) + RAGE
4 La solution ventilée : Complexe

Toute l’isolation est placée entre les solives voire dessous en complément, donc sous le support bois. C’est ce qu’on appelle une toiture froide.
L’idée est de reproduire une toiture type rampant où la sous-face de la couverture (ici le complexe étanchéité + support) est ventilée.
Règle : Une lame d’air est ménagée en sous-face de l’OSB ou support de l’étanchéité. Une pente de plus de 3% est obligatoire pour sécuriser la pente. Les entrées/sorties d’air se font en façades (à travers l’acrotère) ou en sous-face d’un débord), mais pas en remontée d’acrotère.
Ressources :CNDB (Comité national pour le développement du bois)
5 La solution SD variable : respecter les avis techniques

Toute l’isolation est placée entre les solives voire dessous en complément, donc sous le support bois. C’est ce qu’on appelle une toiture froide.
Contrairement à la configuration de toiture froide non ventilée où le pare-vapeur sera très puissant, le pare-vapeur sera à Sd variable. C’est-à-dire qu’en fonction de la pression de vapeur saturante d’un côté ou de l’autre de la membrane la valeur Sd variera de 0.25 à 25m ou encore de 16 à 48m (dépendant des modèles). Le résultat est que la vapeur d’eau ne sera pas bloquée dans le complexe mais elle pourra ressortir par là où elle est entrée.
Règle : Quelques avis techniques (ATEC) ou appréciation technique d’expérimentation (Atex) existent. Ils doivent être suivis scrupuleusement.
Ressources : Atec Isover hygro+
Exemple de produits compatibles : La membrane hygro+ d’Isover dont le Sd varie de 16 à 48m. Elle doit être associée à un élément porteur bois OSB/4 ou CTBH P5 ou P7, une membrane d’étanchéité PVC de valeur Sd<27m.